Le Comité de Langue et Culture Ngiemboon

Le Comité de Langue Ngiemboon en abrégé (CLN) a été créé en 1994. Son premier Président fut M. KENNE FOUAFANG David (de regrettée mémoire). Depuis sa création, l’association couvre tous les villages ngiemboon et développe ses activités, aussi bien dans ces villages que dans les grandes métropoles du pays, à travers ses antennes locales et extérieures : Batcham-Chefferie, Batcham-Ville, Balatchi, Bangang, Balessing, Yaoundé, Douala, Il entend s’ouvrir à toute la diaspora ngiemboon. Le 1er décembre 2012, au cours de l’assemblée générale élective du Comité de Langue Ngiemboon, Dr. DJIAFEUA a été élu comme le Président de cette structure.

Il devient ainsi le 3ème du genre depuis la création  de ce comité en 1994. Après sa cooptation à la tête du comité, il s’est exprimé en ces termes: « Notre langue et notre culture se meurent. La langue ngiemboon est classée parmi les  »endangered languages » de l’UNESCO. Cet héritage millénaire reçu gratuitement de nos ancêtres est sur le point de disparaître du fait, entre autres, d’un déficit de transmission intergénérationnelle ».

Quel est l’objectif du Comité de langue Ngiemboon ?

Dans le chapitre premier du titre premier et à l’article 1er de ses statuts, il est clairement stipulé que le Comité de Langue Ngiemboon a pour but de moderniser et de standardiser la langue ngiemboon, de promouvoir sa culture, sa littérature et son utilisation pour l’alphabétisation et son intégration au système éducatif et au processus de développement.

Quelles sont vos difficultés depuis la création du CLN ; Quels sont vos besoins et quel est le degré d’implication des élites ?

La mise sur pied d’un comité de langue nationale dynamique se heurte à la non valorisation des langues nationales depuis l’époque coloniale. Et, de nos jours, les élites n’adhèrent pas véritablement au projet de valorisation du patrimoine linguistique parce que beaucoup, du fait de l’usage quotidien des langues étrangères pour assurer l’essentiel de leurs échanges ou par snobisme, n’accordent plus d’intérêt aux valeurs linguistiques et culturelles endogènes. Il va sans dire que la dépréciation des langues africaines est corollaire de celle des structures en charge de les protéger et de les promouvoir, les comités de langues en l’occurrence. Cette première difficulté est en amont de toutes les autres, à l’instar de l’insuffisance de personnalités promptes à appuyer les activités du comité. Il faut dire que l’adhésion des populations aux idéaux du comité se résume très souvent aux bonnes intentions. Il est indéniable que beaucoup de locuteurs ngiemboon aiment leur langue et la parlent au quotidien, mais ne contribuent pas à son développement. Ainsi, le comité souffre d’un manque de ressources matérielles et financières pour supporter les différents axes de son plan d’action décliné ci-dessus. En outre, peu de ressources humaines d’appui scientifique (linguistes, traducteurs, anthropologues, philosophes, historiens, littéraires, mathématiciens …) sont disponibles. Explorer les multiples richesses que véhicule la langue, et qui constituent autant de facettes d’un patrimoine déjà millénaire, s’avère impossible au regard des difficultés.
De ces difficultés, découlent les besoins du comité de langue: en ressources humaines : adhésion de nouveaux membres pour animer le comité partout dans le monde, constitution d’un vivier de chercheurs/experts – linguistes et non linguistes-; en ressources matérielles, financières, infra-structurelles et en équipements ; besoin d’une visibilité au sein de la diaspora et de l’élite ngiemboon  soucieuses de l’essor de leur culture et animées par un besoin d’enracinement  culturel.
L’implication de l’élite à la promotion et à la protection de la langue constitue encore une quête. Pourtant, cette élite est une pièce maîtresse en la matière étant donné qu’elle est considérée comme la  locomotive de toute action de développement. De ce fait, elle doit appuyer la structure exécutive du comité en ressources financières, matérielles et en équipements, apporter son expertise si le domaine abordé (recherche linguistique, historique, anthropologique, …) participe de ses compétences, accéder aux offres de service linguistique et culturel du comité et acquérir ses productions scientifiques, didactiques et artistiques.

Qu’en est-il de la vision actuelle du comité de langue Ngiemboon ?

La vision sous-jacente à la mise sur pied de ce Comité est de sauvegarder le patrimoine linguistique et culturel ngiemboon, facteur identitaire des peuples natifs, apprenants et sympathisants  de cette langue et de la culture qu’elle véhicule. En effet, nous sommes  conscient qu’un peuple sans culture est comme un arbre sans racine et que tout développement des peuples africains qui n’est pas  ancré dans les valeurs authentiques de l’Afrique est lacunaire car il ne s’abreuve pas à la source des éléments qui fondent l’existence de ses peuples. Et ces valeurs sont cachées derrière les mots qui rendent compte du vécu des peuples depuis les civilisations millénaires. Il est certain que tout locuteur ngiemboon a appris sa langue maternelle de manière inconsciente et s’en est servi, au moins, pour communiquer ses premières expériences de vie. Logiquement et par acquis de conscience, il doit assurer la transmission de ce trésor aux générations futures, participer à sa protection et à sa promotion.
Quelle est la composition du bureau du Comité de Langue Ngiemboon issu des élections du 1er décembre 2012 ?

Le bureau du Comité de Langue Ngiemboon issue de l’assemblée générale élective du 1er décembre 2012, est constitué ainsi :

Président
Dr DJIAFEUA Prosper

1er Vice – Président
Dr KADZUE Antoine

2ème  Vice – Président
Pasteur TCHOUALA Timothée

3ème  Vice – Président
Mr. DONFACK Jean

4ème Vice – Président
Mme YEMELI Marie

Secrétaire Général
Mr. DZOTSIE Bernard

Secrétaire Général adjoint
Mr. ZABOUE Samuel

Trésorier général
Mr TCHOFFO Samuel

Commissaires aux comptes
Mr. AKANOUO TSAPI Rossini
Mr. FOULA Jérôme

Censeurs
Mr. JATSA Clément
Mme TIWA Angèle

Chargé de communication
Mr. YEMELI TALATADJI Justin

Conseiller spécial
Mr. DJIFFOUO DJOUMESSI André

Conseillers techniques
Mr. NGONDA Fréderic
Mr. TIOZANG David
Dr. SAHA Zacharie
Mr. FOFE Maurice
Mr. KENNE Daniel
Mr. TATANG Robert
Mr. KENNE Bruno
Mr. LONFO Etienne
Mr. YONTA Moïse
Mr. MANFOUO Moïse
Mr. TATSITSA Théophile

Les commissions techniques (sous-comités dans les statuts du Comité de Langue Ngiemboon) et leurs responsables désignés lors des assises du 08 février 2013 se présentent ainsi :
1. Sous-comité de l’alphabétisation pour la promotion du développement :
Dr DJIAFEUA Prosper

2. Sous-comité d’étude technique de la langue :
FOKOU Evariste
LONFO Etienne
FOULA Jérôme
AKANOUO T. Rossini

3. Sous-comité de l’histoire et de la culture :
TATANG Gaspard Vincent
TATIODJIO Martin
TATSITSA Théophile
Abbé NGOUANE  M.

4. Commission des traductions  et des littératures :
YONTA moïse

Quel est votre plan d’action à court, moyen et long terme ?

Le plan d’action du Comité de Langue Ngiemboon s’articule essentiellement autour des principaux axes qui sont détaillés dans le tableau suivant :
1- Onction/Adhésion
Demande de l’onction auprès des Chefs de groupements ngiemboon, véritables détenteurs du patrimoine linguistique et culturel endogène, et de l’adhésion des peuples ngiemboon.

2- Sous-comités  techniques et Antennes
Mise en place des sous-comités techniques, des antennes et installation de leurs bureaux

3- Coordination administrative et financière
Déploiement des stratégies managériales pour assurer l’administration du Comité et le financement de ses activités

4- Équipement/Infrastructure
Mobilisation des ressources en vue de doter le Comité des équipements et de construire un centre linguistique/ foyer culturel et musée ngiemboon

5- Communication
Recherche des voies et moyens de production et mise sur pied d’un réseau de communication audio-visuelle et d’édition en langue ngiemboon

6- Formation et enseignement axés sur la langue et la connaissance du patrimoine culturel ngiemboon
– Organisation des séminaires et des ateliers sur la langue et la culture ngiemboon
– Offre de formations sur la langue et la culture ngiemboon à distance
– Mise en œuvre du projet ERELA
– Collaboration avec l’État camerounais dans la mise en œuvre d’une éducation formelle avec la langue ngiemboon comme vecteur des savoirs, des savoir-faire et des compétences

7- Alphabétisation
Organisation de l’alphabétisation et de l’éducation de base non formelle avec la langue ngiemboon comme vecteur des savoirs, des savoir-faire et des compétences.

8- Traduction
Organisation de la traduction des documents stratégiques du ngiemboon vers les langues étrangères et des langues étrangères vers le ngiemboon

9- Développement de la langue
Structuration du développement de la langue, production d’ouvrages scientifiques et des outils didactiques pour assurer l’usage de la langue ngiemboon dans l’enseignement et dans tous les secteurs de la vie moderne et recherche de la terminologie appropriée.

10- Animation
– Mise sur pied de groupes d’animation culturelle qui emploient de manière appropriée les sons, les musiques et les rythmes ngiemboon ;
– Encadrement des artistes ngiemboon qui utilisent effectivement leur langue dans la création artistique et culturelle (chanteurs, danseurs, cinéastes,  artisans, conteurs, diseurs de proverbes,  gastronomes, etc…)

Un appel, un vœu, un message fort à l’endroit des élites Ngiemboon de l’extérieur/intérieur

Hio ! Hio ! Notre langue et notre culture se meurent. La langue ngiemboon est classée parmi les « endangered languages» de l’UNESCO. Cet héritage millénaire reçu gratuitement de nos ancêtres est sur le point de disparaître du fait, entre autres, d’un déficit de transmission intergénérationnelle. La langue est pourtant un facteur identitaire très important. Beaucoup de communautés linguistiques du Cameroun et d’ailleurs se mobilisent pour la préservation de leur patrimoine linguistique et culturel. Nous sommes d’ailleurs sur la bonne voie ; l’État du Cameroun et certaines organisations nous encouragent dans cette voie.
Posons-nous du reste cette question :

Accepterions-nous que d’ici un siècle, on ne parle de la langue ngiemboon qu’au passé et qu’il n’existe plus d’indices linguistiques et culturels ngiemboon sur la planète terre ?

Non et Non !Unissons-nous pour protéger et promouvoir le Ngiemboon, notre langue. Travaillons ensemble pour rendre  gloire à Dieu qui nous a donné cette langue.

(c) CLCN Info / Académie Ngiemboon 2013

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